

Chers complices spectateurs remerciés et chers amis sincèrement regrettés,
Cucaracha VIII à Hérival,
On a beau être fou de théâtre, la grisaille du samedi a refroidi plus d’un spectateur.
Les moustiques eux ont bien joué de leurs zèles, mais ils sont restés sur place, toutes aiguilles dedans, subjuguée par les chants italiens, la pizza et les spaghettis d’Eduardo de Filippo, le grand écrivain Napolitain.
Le dimanche des cumulus, mais on a eu le beau temps de Naples !
Peut-être pas tout de même, mais Naples transposée pour deux jours dans la vallée des moines du Prieuré d’Hérival par la troupe de Charlet Théâtre.
Naples dans cette vallée sâonoise ?
Les esprits des moines ne les attendaient pas.
Nous, Monique et Gilbert Villemin, nous attendions quelques troupes d’Argentine, mais cette année les gros travaux au collège Charlet en décidèrent autrement. C’est le chantier au collège, la troupe n’a plus temporairement de salle pour répéter et accueillir.

Pour débuter, un magicien Chinois a installé sa roulotte sous le porche du Prieuré ; il a fait apparaître des vessies pour des lanternes, il a changé de l’eau en encre, a transformé une colombe en poulet. Rien ne s’est passé comme convenu parce que le spectateur qui était de mèche avec le presdidi… le prestidi… avec l’illusionniste était véreux.
Nous, elle nous a bien fait rire cette farce d’Eduardo.
Puis on est allé au cinéma pour un quart d’heure dans le Logis des Hôtes avant de déambuler jusqu’au bout de la grande clairière d’Hérival déboisée par les moines au XIVème siècle.

Nous avons marché 500 mètres avec des surprises agréables sur le chemin et pour commencer des chants de femmes qui venaient de la forêt d’en face, mais on ne voyait personne. Des belles filles ont surgi de derrière les meules de bois. Elles chantaient en italien en chœur et en rigolant bien avec leurs cheveux au vent, c’était beau à voir et à attendre.
Il y a encore eu deux ou trois surprises différentes et ensuite on a assisté à une répétition de théâtre ratée, mais bien ratée, si bien ratée que l’on a tous applaudi tant c’était bien loupé… Cette répétition loupée était encore une pièce de notre Eduardo de Filippo. C’est lui qui a filé tout le festival de la Cucaracha cette année ! Les comédiens sont même allés voir sa maison à Naples à Pâques pour être bien dans le bain.
Puis, tous les spectateurs ont récupéré du bois mort et sec en fagot pour faire une spirale au sol. Comme elle ne mesurait que douze mètres de cercles, on l’a rallongée avec les corps de tous les spectateurs qui se sont allongés comme des fagots, c’était beau tous ces corps entrelacés.
Puis on a mis le feu à la spirale en bois.
Et cette fois encore il y a eu du texte qui a crépité, on avait l’impression d’être pas bien loin de Vésuve.
Le soir, tout le monde s’est rendu à Remiremont chez un préfet qui perd les pédales de scènes en scènes jusqu’à ne plus savoir s’il a en face de lui des comédiens ou de véritables personnalités. Un texte sévère et hilarant de deux heures qui déboussole.
Le mardi 3 juin 2009 Hérival.
Monique et Gilbert Villemin.





























