samedi 18 février 2012

Chambardement de la cuisine

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La découverte!







(Toutes les photos peuvent être agrandies.)








Du grand Prieuré Hérival il ne reste que le "Logis des hôtes".

A l’intérieur du "Logis des Hôtes" il ne subsiste plus que quatre salles plus ou moins d’origine dont l'ancienne cuisine qui n’a jamais été améliorée depuis que nous avons acheté le Prieuré en 1971.




Cette salle n’a sans doute jamais été transformée depuis plus d’un siècle, depuis que les parents à Violette Durupt puis elle-même y ont habité jusqu’en 1971. Ce fut toujours leur cuisine sommaire avec un fourneau à quatre pots.
Gilémon et sa famille vont s’y installer en 2012. Nous aménageons sa cuisine pour quelques années en attendant que la famille passe dans leur futur appartement, de l’autre côté de ce même bâtiment, au sud, un grand espace vide pour l’instant mais potentiellement génial.

Rien n’est simple dans cette grande pièce.
Le "Logis des hôtes" date de 1740 environ, la cuisine date sans doute aussi du XVIIIe siècle, était-ce une cuisine à l’origine ? Pas certain.
Il a du y avoir de grosses restructurations au cours de son premier siècle d’existence, juste après la Révolution, essayons d’y voir plus clair.




Le chambardement des "meubles".

1- Un four à pain été installé à l’intérieur de la cuisine après la démolition des bâtiments d’habitation des moines (1802) puisqu’il est monté sur le dallage avec des belles pierres roses d’extérieures. De plus une partie du grand linteau de la cheminée actuelle est enfermée dans le four.




2- Face à la grande cheminée actuelle nous avons découvert les traces d’une autre grande cheminée qui a été cisaillée dans le mur qui fut crépi à la chaux. C’est en enlevant ce crépi que sont réapparus les traces de fumées sur le mur. Cette ancienne première cheminée rend la compréhension de cette pièce presque impossible… nous ne savons pas comment cette ancienne cheminée a pu atteindre le haut du toit, il ne reste aucune traces extérieure. Elle a pourtant existé !




3- Dans le plafond intégré au mur, il reste un "balcon anti feu" en pierres pour l’âtre de la chambre du dessus. C’est une avancée en pierres, un voutain à légère courbe, de 70 centimètres en surplomb qui se voit bien du dessous puisqu’il empiète sur le plafond à la française.




4- On a aussi remarqué qu’anciennement la porte d’entrée était à la place de l’arrière du four. Sans doute, lorsqu’ "ils" ont décidé d’installer un grand four à pain à l’intérieur, pour profiter de la cheminée, il a fallu changer la porte de place, quel travail !
Ceci dit, il est logique qu’en deux siècles et demi cette grande pièce ait pu vivre des gros changements.

La découverte la plus surprenante est sous le crépi à la chaux poilue.




L’enduit de la cuisine a beaucoup souffert il est lézardé, il est vacillant, il s’écaille, s’effrite, le salpêtre s’y est mis par endroit, les pierres se descellent. Ce crépi est composé de chaux et de sable, les "anciens maçons" y ont ajouté du poil d'animal, des fibres incorporées comme les super mortiers tout prêts d’aujourd’hui.
Cependant, tous les crépis de cette grande cuisine ne sont pas faits de cette manière.
Nous étions donc bien décidé décrépir tous les murs pour consolider les pierres entre elles avec du bon mortier d’aujourd’hui, certaines pierres nous sont apparus cisaillées par des portes à faux, la chaux ne faisant plus office de lit bien plat comme le mortier solide d’aujourd’hui.
Georges* enlève quelquefois 4 cm d'épaisseur en un seul coup de marteau, il n'y a pas vraiment réfléchir, il faut frapper. C’est un garçon costaud il manie le lourd marteau pointu et il tape dare-dare sur tous les enduits fragiles.
Nous avons des masques à poussière, nous mouillons le mur le mieux possible, nous sommes concentrés sur notre travail.
Georges* venait de dégauchir presque 50 cm en fermant les yeux, tant c’est facile de faire tomber cette couche de chaux. Il était passé comme un bourrin au gallot.
En relevant la tête sur la gauche un peu comme en plongeur en apnée il pousse un cri d'affolement, je suis à ses côtés plus à gauche, je regarde son expression, je ne comprends pas, il me désigne du doigt ce qu’il vient de discerner…

Une tête sculptée !




C'est bien Georges* qui a découvert le visage, la tête.
Une tête sculptée engoncée dans la chaux, insérée entre les pierres, une pierre de maçonnerie presque cubique, une pierre presque comme les autres, un peu plus petite, 15X15cm, en grès fin blanc mais c'est un visage, un beau visage qui vient d’être démasqué. Dans un premier temps, les traits sont grossiers, en-chaulés. Je ne distingue pas de traces de peinture, on ne voit donc pas les détails des paupières, encore moins ses pupilles.
Il a été aveuglé un siècle ou deux par 4 cm à 6 cm de chaux depuis le XVIIIe siècle date de la construction de ce bâtiment.
C’est une preuve que ce mur a aussi été construit avec des matériaux de récupération ce dont je n’étais pas certain, sans doute une belle pierre de la première église du Prieuré d'Hérival ?




En fonction de la coupe de cheveux, de la précision de la taille, je pense que l'on peut pratiquement être certain que cette sculpture date du XVe alors que le mur a été construit aux environs de 1740.
Qui a placé cette tête à cet endroit ?
On peut penser qu'un maçon… sans scrupule ? Sans scrupules puisqu'il maçonne avec une tête ! Le nez est un peu raboté…
Au dernier moment, il aurait tout de même eu quelques scrupules et il aurait placé la tête côté intérieur donc possible à découvrir ?




Je ne pense pourtant pas que ce soit un maçon ou une autre personne intentionnée qui ait placé cette tête pour lui donner une autre raison d’exister. Ce n’est pas la première belle pierre sculptée que nous trouvons lors de travaux.
Nous avons déjà trouvé la partie inférieure d’un Saint guerrier en toge et en armure. Le pied a été cassé pour rendre ce bloc plus parallélipédique afin de mieux l’insérer maçonné dans le mur. La lance et la main ont été arasées, la sculpture en grès blanc est peinte d’un bel ocre jaune orangé. Nous possédons aussi le pied du cerf en grès blanc qui était placé au bout du verger devant le bâtiment des moines au sud. Un dessin indique qu’un cerf était placé à cet endroit.
Et bien d’autres éclats, morceaux, fragments plus ou moins intéressants.

Médusés, nous l’étions.
Par absurdité, et pour rire, Georges et moi (Gilbert) nous avons pensé que toutes les autres pierres décrépies étaient aussi des pierres sculptées, qu'il y avait une tête sur chacune des autres pierres, mais que les têtes avaient été placées dans l'autre sens, et que seule la pierre que nous venions d’exhumer nous présentait son visage, dans le bon sens pour nous.
Cela nous a plu de le croire un instant.
Nous n'avons pas vérifié, nous aurions peut-être du le faire !
La découverte, fut un instant magique, rare...
* Georges est un garçon qui se fait de l'argent de poche en nous aidant à nos travaux pour mener à bien sa vie de comédien.




C'est le troisième portrait que nous trouvons en 15 ans de restauration dans ce qui reste du Prieuré d'Hérival ; une belle pierre en grès rose trouvée au fond d’une fosse, un dessin à la sanguine trouvée derrière une boiserie et celle-ci de style gothique.
La première est plutôt de facture carolingienne, celle que nous venons de découvrir fait penser à celles que l’on trouve sur le portail de Chartres, le dessin du bonhomme à la redingote est du XVIIIe.

Difficile de remettre de l’ordre, il y a plus de cinq siècles de construction, de transformation qui se télescopent dans les différentes constructions qui ont été érigés et détruites sur ce site.
Il est important de consolider les murs d’un mortier très solide, les pierres sont trop disjointes et quelques fois prêtent à tomber.

Que va devenir cette tête ?




Nous décidons de laisser cette tête là où elle est, elle est sans doute beaucoup plus en sécurité là où elle est. Elle est bien intégrée, bien insérée, bien coincée entre les autres pierres, nous ne devons pas toucher à cet acte iconoclaste du XVIIIe et ne pas nous ériger en archéologue moraliste du XXIe en extrayant cette tête pour la mettre sur un piédestal, dans une vitrine qui risque d'être brisée dans quelques décennies.




J’ai moulé en bandes plâtrées cette tête avant et après un nettoyage méticuleux, le masque négatif, concave, très précis, sera placé à gauche de l’original comme si par une charnière l’homme s’était débarrassé de son masque.
Sur la photo jointe, l’impression est que les deux visages sont concaves, ce qui n’est pas le cas !
Sur le masque il y a quelques traces de rouge brique, ce fut la couleur d’origine, puis il a eu quelques couches de badigeon blanc.
Le savon placé pour le moulage a révélé les pupilles par un miracle que je n’explique pas ; une différence de matière qui s’est vu par humidité ? La photo le montre très bien.




Quel prénom ?
Je pense que ça pourrait être une bonne idée de lui donner un prénom. Un prénom et un nom chic ?

... ça sera Georges d'Hérival !



Et si elle était en couleurs !
ça donnerait ça...








Une tête à Chartres.




Une tête à Autun.












à suivre.

mercredi 17 août 2011

Anciennes cartes postales.

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Les cartes postales sont les seules traces photographiques qui existent pour la première moitié du XXème siècle.
Nous en avons acheté quelques unes par internet, mais il y a belle lurette que nous avions commencé cette pêche.



(Cette image de pêcheur est très grande , pas les autres!)





















































Il y en a d'autres à trouver.



dimanche 10 juillet 2011

10 ème Cucaracha

Sarah...












A Hérival, samedi et dimanche après midi, six spectacles d’une demi-heure se sont fait prendre en sandwich; le soleil, la danse contemporaine, le saxo, le théâtre, le chant, la danse, et le soleil. C’était le dixième festival de la Cucaracha organisé par Charlet-Théâtre sous la férule de Gilles Maréchal et Angela Gallo.
Les spectacles se sont déchaînés dans la grande cour de l’ancien Prieuré d’Hérival tondue en grands cercles concentriques de 40 mètres de diamètre visibles du ciel.
Les spectacles ont défilé au rythme du char du soleil. C’étaient les spectateurs chapeautés qui déplaçaient eux-mêmes leur siège de demi-heure en demi-heure sur les grands arcs de cercles dans l’herbe comme sur un cadran solaire ; 15hoo, 15h3o, ect.



Premier arrêt du char de Phébus "la performance" de Damien Briançon de "la Cie l’Idiome est là". Le long fil rouge des premiers moines de l’an dernier dépasse d’une poche, un enfant le tire ; "une suite, un clin d’œil, de la danse qui étonne, dissone, déconne, des émotions, des incompréhensions."



Puis, Jean-Noël Auer aux saxophones sous le vieux cerisier, il en avait deux ! Deux saxophones, il jouait avec les deux à la fois ! "De la musique barbare, païenne, républicaine mais pas chrétienne, pas aujourd’hui en tous cas, une autre fois. Phébus permet à Phaéton de conduire son char."



Quatrième changement pour bronzer à gauche. La musique d’Emmanuel Bémer, un barbare aussi, un faux tendre par alternance pour amadouer. Des mots caustiques qui se font inverser, trancher, retourner comme on bat des cartes au poker; Anathème, ma Nana t’aime. Conquistador, ce con que j’adore, que sera ta mort… Comme les mots du "débit de lait" de Trénet, mais pas de dents de lait chez lui, des canines et des veines, chambres à air tordues sur le cou, sur les tempes, à fond la voix et la guitare.
Troisième et cinquième changements de place, la chaise sous les fesses. "Un pot pourri " présenté par les comédiens de Charlet Théâtre : une suite en deux parties de coups de théâtre alternée de chansons très coquines de Colette Renard.



Le plus gros morceau du pot, un conseil pour jeunes filles, écrit au 18ème, inconcevable aujourd’hui ! "Le mari prudent", le retour programmée de la jeune fille facile prodigue. Plus dure, une nouvelle lubrique de Bukowski et un émaillage de micros textes à l’acide nitrique. L’amour est toujours ballotté, on se sent constamment concerné, que faire de sa gêne sinon d’en fou rire.



Pour finir à 18hoo, devant le Logis des Hôtes, enfin à l’ombre ! La création « Equilibre » un couple de comédiens poissons rouges brasse un spectacle tragi-comique d’équilibristes, en s’affrontant conjugalement en termes crus avant la rupture imminente : pas si sûr ! Une émouvante performance de cirque et de littérature ! Injurier sa compagne ou son compagnon la tête en bas, c’est l’ultime détestation.
Phaéton a garé son char pour la nuit, les spectateurs se sont rendus à Remiremont au Collège Charlet, sur une vraie scène de pro.
A 21hoo. "Vita Bella". Cinq filles dansent et chantent la Tarentelle, les garçons, les hommes, n’en mènent pas large, mais ils sont là tout de même. On n’apprend pas qu’avant la pilule c’était pas facile d’être femme sans être enceinte, on nous le rappelle avec des caleçons, de la lumière, des mots et des cheveux défaits puis nattés. Séverine qui a écrit le texte ne fait que raconter la vie charnelle de sa grand-mère.



Tant pis pour ceux qui n’ont rien vu, rien entendu, rien senti !



Video Cucaracha 2011








Juin2012 11è Cucaracha.

mercredi 1 décembre 2010

Oculus Oculi














Ce mur s'est affaissé vers 1920, puisqu'une carte postale de cette époque le montre encore avec deux fenêtres murées dans la partie supérieure.




Ces deux fenêtres murées ont sans doute été ouvertes en même temps que les quatre autres fenêtres qui se situent sur cette même façade.

Le "Logis des Hôtes" en 1740.

Ce bâtiment était sans doute destiné à recevoir les invités.

Il est presque certain que toute la longueur était aménagée en chambres puisqu'il y a encore deux fenêtres extérieures murées visibles vers 1920 sur la carte postale.

Le nombre de fenêtres sur la façade ouest peut déjà prouver qu'il y a eu six très grandes chambres, peut-être huit ? Des chambres aussi grandes que les quatre qui existent actuellement, c'est-à-dire, 7X6m.

Mais, ce bâtiment d’hospitalité n’a pas servi bien longtemps puisque la Révolution a mis en en vente l’ensemble du prieuré.

Tout a été démonté et vendu pierre par pierre, poutre par poutre par le fermier acquéreur qui ne garde qu’une moitié du Logis des hôtes pour habiter; il transforme l’autre partie en grange, grenier et écurie, c’est sans doute à cette époque qu’il mure les deux fenêtres de la façade Ouest sur la partie de droite.

Il aurait été plus judicieux que ce soit "l'église" qui ait été transformée en écurie.

Si "l'église" avait été transformée en écurie plutôt que "le logis des hôtes", cette église post-gothique serait toujours debout ! Mais, nous ne serions pas les propriétaires de cet ancien prieuré; il aurait eu tellement plus d'allure aujourd'hui, un plus fortuné que nous nous l’aurait soufflé sous le nez!

Meilleur scénario encore; si les paysans avaient eu la bonne idée de transformer l'ancien "bâtiment d'habitation" des moines en bergerie, en porcherie, en poulailler et en grenier à grain et à paille, tout l’ensemble du XVIIIème siècle sera encore debout aujourd’hui. Mais l’ensemble était trop grand pour l’échelle d’une exploitation de cette époque.

Malheureusement il ne reste que le Logis de Hôtes.



En 1971, date de notre achat, cette partie droite est toujours l'écurie de l'ancienne ferme surmontée d’un immense grenier à foin.

C'est seulement à partir de 1971 que nous commençons progressivement des gros travaux de restructuration dans ce monumental espace intérieur.

Aujourd’hui, nous préparons l’aménagement du futur appartement de Gilémon, 32 ans marié à Katherine, hongkongaise et leur fille de presque 4 ans, Maliciane.

En octobre 2010, nous venons d’ouvrir deux œil-de-bœuf.

Les plus gros travaux de consolidation entrepris et réalisés depuis 1971 dans "le Logis des Hôtes."

Rappel : le mur à droite du porche s’écroule en 1930 environ, il est reconstruit presque à l’identique, les pierres sont jointées.

1- En 1972 nous remontons le mur côté cour qui avait été remplacé par une palissade en bois après l'éboulement de 1945 environ.

Il était urgent de remplacer cette palissade de bois par un mur en pierre. La moitié du toit se serait écroulée si nous n'avions pas fait ce travail d'urgence en 1972, un travail de titan! Tout a été remonté en pierre de taille de récupération pris de la ferme d’à côté, celle des Fleurot. Ainsi, le toit charpenté formé de fermes est devenu beaucoup plus stable.

2- Malheureusement, cette façade de planches avait tiré le mur côté droit du porche, il était rentré de plus de 20 cm vers l'intérieur du grenier à foin. On peut voir cette courbe rentrée lorsque que l'on regarde depuis l'angle sud. Ce grand mur a failli s’écrouler de nouveau. En 1985 une partie de ce mur s'est écroulé vers l'intérieur du grenier à foin.

Cette histoire est racontée en détail dans un autre article de ce blog.

Aurions-nous eu le courage de remonter ce mur s’il s’était complètement effondré ?

3- Depuis 1971, progressivement, nous avons coulé des dalles pour séparer horizontalement les espaces de ce grand lieu vide. Ce sont ces planchers de béton plus que les murs de cloisons verticales qui tiennent l'ensemble des trois murs de la moitié Sud du "Logis des Hôtes".

Ces dalles intérieures en béton horizontales bien ancrées dans les parpaings de gris rose maintiennent la structure liée comme un seul bloc. On peut avoir confiance en notre structure comme en un maillage. C'est pour cela qu'il est possible maintenant d'envisager d'ouvrir des fenêtres sans faire tomber les lourdes pierres.

Il est maintenant possible d’enlever un certain nombre de parpaings de grès rose qui peuvent peser jusqu'à 100 kilos. Les enlever sans faire effondrer toute la façade et possible puisque les linteaux de béton des dalles des planchers tiennent les rangées de pierres roses.

4- Reconstruire des fenêtres identiques, était sans doute bien aussi ridicule que d'inventer d’autres formes de fenêtres.

Six fenêtres sont visibles sur une carte postale de 1920, quatre à gauche du porche, deux à droite, ces deux dernières sont murées.

Quelques détails et du "bon sens de moines" permettent d’affirmer que ces six fenêtres ont été ouvertes bien après la construction de cette façade de gris rose, qui était aveugle c’est pratiquement certain. Elle était aveugle pour protéger les chambres intérieures du vent et de la pluie battante donc de l’humidité. Les pierres parfaitement jointes sont et seront toujours une ramée efficace.

Les propriétaires qui ont ouvert ces six fenêtres dans les pierres roses, ont du le regretter, car la boiserie imputrescible et le double vitrage n'existaient pas. Il a sans doute fallu changer assez souvent les boiseries qui ne résistaient pas. D'ailleurs, des volets de protection ont été installés à la même époque. De plus, à l’intérieur, les fermiers ont construit un couloir, donc une cloison pour isoler les chambres du côté venté, une séparation qui est toujours efficace.

Il n'y avait pas de fenêtres à l'origine sur cette façade. Il était donc aujourd’hui impossible de respecter l'histoire. Nous avons longtemps réfléchi à la forme que l'on pouvait donner à ces fenêtres.


En septembre 2010, nous avons eu l'idée de mouler et de couler deux cercles de 1 m 20 avec un rebord de 8 centimètres.

Nous estimons que c'est une réussite!

Ce sont les petites fenêtres, dites pigeonniers de la partie supérieure qui nous ont donné l'envie de faire un rebord à nos oculus. Ces petites fenêtres sont dans l'esprit d'une fenêtre romane, une arcade à rebord.

Nous avons teinté le béton pour lui donner la couleur "gris rose légèrement violacée" des parpaings. Mais il faut éviter de trop teinter un béton qui pourrait perdre de sa solidité ; de plus, à trop le vibrer le ciment blanc et gris a tendance à revenir à la surface bien plus que la teinture.



On peut presque croire que ces deux oculi sont d’origine. Mais raisonnablement on ne peut pas imaginer que ces deux fenêtres aient pu être moulées au XVIIIe ! Toutefois nous sommes convaincus qu'elles sont bien intégrées dans la façade et qu'il est possible d'en ouvrir d'autres semblables ou différentes et notamment dans la façade sud, la plus authentique façade qui est restée proche de son origine.

Nous n'envisagions pas jusqu'à maintenant de pouvoir ouvrir des fenêtres dans cette façade sud.

Ce sera peut-être le prochain épisode.

Il faut encore y réfléchir, les fenêtres peuvent être autres que rondes.



A ceux qui crieraient :

"Deux fenêtres rondes dans cette façade aveugle c'est un scandale ! "

Nous répondons ; "Il n'y a jamais eu de fenêtre sur cette façade du logis des hôtes !"

(Peut-être même qu'il n'y avait pas le magnifique porche en grès blanc lorsque ce bâtiment a été construit en 1740 environ. Ce que j'avance n'est pas impossible lorsque l’on regarde les coups de sabre dans les rangées de pierres roses juste au-dessus du porche. Étaient-ils d'aussi mauvais maçons ? Ont-ils eu des remords ?)

L'extérieur de ce grand mur aveugle a été nettoyé des mousses et des lichens, la façade a retrouvé un aspect propre et net, toutefois les larges joints qui séparent chaque pierre n'ont pas été creusés comme nous aurions aimé le faire par la suite.

Encore que, nous avons découvert que les joints cachaient des éclats de pierres manquants, et nous ne nous en étions jamais aperçu avant de démonter ces grosses pierres pour l'ouverture des fenêtres.

C'est sans doute lorsque le mur s'est écroulé vers 1920 que beaucoup de pierres se sont ébréchées lors de leur chute les unes sur les autres. Nous pensons aussi que, c’est pour l’étanchéité que les maçons ont décidé de reboucher et de lisser les trous à la truelle.

Finalement, ces joints de ciment sont une bonne protection contre la pluie. La façade ainsi nettoyée est redevenue rose violacée, du coup, les joints de ciment gris nettoyées eux aussi paraissent moins grossiers qu’auparavant.

La façade à gauche du porche et la petite façade sud sont deux murs d'origine aux pierres non jointes par du ciment :

Les maçons taillaient tellement bien les pierres qu'elles se joignaient parfaitement!



Malencontreusement le propriétaire a ouvert six fenêtres, et les maçons de cette époque ont maltraité certaines pierres de grès rose, c’est très visible et ils y ont intégré des montants de grès blanc qui proviennent d'ailleurs, mais d'où ? Ce sont sans doute des pierres de récupération, comme ça se faisait beaucoup à cette époque.

Il semblerait donc que les maçons de cette époque n’aient pas été aussi bons qu'on le dit !

1- Lorsqu'on regarde la façade d’origine, on remarque que les rangées de pierres roses sont toutes bien horizontales et de même épaisseur, en revanche lorsque l'on suit les lignes verticales, on remarque des lignes verticales assez longues, des séparations de pierres non décalées, il y en a beaucoup, elles ne devraient pas exister. Il devrait toujours y avoir des décalages entre les pierres de rangées inférieures et supérieures, même un débutant le sait. Ces lignes verticales sont appelées des coups de sabre, il y en a beaucoup dans cette façade.

2- Il est indispensable de croiser les pierres dans l'épaisseur des murs, ils ne l’ont pas fait ! Les quatre murs de 50 centimètres d’épaisseur sont montés par deux rangées de moellons, une rangée de pierres quelconque côté intérieur et le grès rose côté extérieur. Ces deux murs contigus ne sont pas croisés, Ils ont été montés comme deux murs séparés, maintenu par le milieu uniquement par du sable et de la chaux, jamais les pierres ne sont croisées dans leur largeur !

C’est vraiment un point faible, un des deux murs pouvait toujours s’effondrer. Mais, ça n’est plus d’actualité puisque le béton des dalles lie maintenant l’ensemble à intervalles réguliers.







jeudi 9 septembre 2010

Patrimoine 2010.Pas cette année.






Chers amis,

Cette année la Journée Patrimoine du dimanche 19 septembre 2010 n'aura pas lieu au Prieuré d'Hérival, je le regrette, vous étiez quelques-uns à me le demander.



dimanche 4 juillet 2010

9 ème Cucaracha 2010 Fil rouge.




















Samedi après-midi et dimanche après midi,

il fallait suivre le fil rouge au Prieuré Hérival.


Cette année encore le festival de la Cucaracha, pour sa 9ème édition, a su nous faire voyager, rêver, découvrir et aimer.

Nous avons voyagé grâce à la compagnie El Baldio teatro, une troupe venue directement d'Argentine, groupe de 12 comédiens, dont 2 français, deux anciens comédiens de Charlet Théâtre.







Une centaine de personnes ont déambulé au rythme de l’oiseau rouge des tambours de la Batucada.








Les musiciens ont réussi à nous faire oublier l’espace qui nous sépare d’eux, seuls les costumes nous distinguaient des meneurs de la fête ; robes froufrous, mariée trop maquillée, costumes démodés et disparates.

Ils ont réussi à nous entraîner dans la forêt tout au bout de la combe, au fil de l'eau, au gré du temps, nous permettant d’apprécier la totalité de la vallée défrichée par les moines.

Le parcours s’est poursuivi de manière très différente sur un sentier à la lisière du bois, parenthèse poétique et incitation au rêve... Le public a suivi un long fil de coton rouge, déroulé tour à tour par les 7 comédiens de la compagnie strasbourgeoise « l'Idiome est là ».

Ils ont retracé l'histoire du Prieuré d'Hérival de façon muette, par des danses silencieuses et légères, des installations sonores et visuelles.







C’était la deuxième fois que cette troupe de jeunes comédiens participait à la Cucaracha. Après 10 jours de préparation sur place, le spectacle a été créé sur mesure pour le festival et pour le lieu. Ils ont joué avec les éléments, nous immergeant par leurs bures blanches au long des 900 ans de l’histoire de cette vallée de la Combeauté.

Ombres cachées derrière des sapins, visages d'hommes qui sortent du sol à l'expression béate, bruits d'eau amplifiés, entremêlements de fils rouges parmi les arbres.








Une pluie d'orage a intensifié ce spectacle visuellement fort, pour finir en apothéose, sous des trombes d'eau, par une scène révolutionnaire, orchestrée par une batterie installée sous le seul chêne de la vallée au sommet d'une grande butte. Le public, à distance, trempé a pu observer l'ascension des révolutionnaires sur la butte, puis leur chute et leur lutte, imageant la prise du Prieuré.

L’histoire du Prieuré s’est terminée en trinquant un verre de sirop de bourgeons de sapin autour de la table de l’ancienne cuisine à proximité du squelette.

Il pleuvait trop pour commencer le troisième spectacle. La compagnie El Baldio theatro, a donc été obligée de se replier à l’Espace du Volontaire à Remiremont. "A Rio Revuelto" est une pièce extrêmement drôle, à la limite du mime et du cinéma burlesque, empreinte d'une ambiance latine au rythme enlevé.








La langue a cessé d'être un obstacle pour devenir un espace de suggestion. Ils nous ont offert des chants traditionnels argentins remaniés avec la force généreuse et le comique de personnages exubérants tirés dans des univers très différents, de la veuve argentine au touriste français, du SDF au grand séducteur dandy. Virevoltes entre scènes d'amour, de trahison, de décès, de moqueries et de blagues, avec comme fil conducteur le plaisir de faire rire et de nous enivrer de l’esprit argentin. Tant d’actions qu’il faudrait revoir trois fois la pièce pour piéger visuellement toutes les anecdotes, les revirements de situations, les mimiques et grimaces imageant et tournant en dérision des scènes de la vie quotidienne. Voix fortes et pures, chants doux et puissants.

Même sans comprendre l’espagnol, cette heure de spectacle était désopilante.

A 21hoo c’était au tour de la troupe de Charlet Théâtre de présenter son dernier spectacle sur leur nouvelle scène.

A Hérival le lundi 28 juin 2010. Louise bien plus que Gilbert.